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FIRENZE - LE MURMURE DE LA VILLE

Publié le par Andre Marie Springer

FIRENZE - LE MURMURE DE LA VILLE

Elle est accoudée au parapet du pont Santa Trinita. L'air est saturé de chaleur, on le sent vibrer. De la gauche, de la ville patricienne, assourdi, parvient un air baroque joué pour les touristes par un ensemble de jeunes musiciens, Boccherini ou Vivaldi… peu importe. A droite s'étend la masse sombre des quartiers populaires, nocturnes et un peu menaçants, à l'image de ce qu'ils furent de toute époque. Elle regarde le Vieux Pont qui se reflète dans l'eau du fleuve. La lumière des lampadaires vient caresser son corps un peu déhanché. Et le temps se cristallise, l'instant d'une image. Il le fait à chaque fois que l'image est vraiment bonne; tous les photographes le savent : le temps se modifie et ils le ressentent au plus profond d'eux-mêmes. La photographie est avant tout une question de temps et de lumière. La notion de temps revient constamment dans la photographie (le temps de pose et/ou de pause par exemple) ; c’est en cela que c’est un art éminemment humain car nous sommes des animaux temporels. Une bonne image est de son temps mais elle en sort également ; elle n’est pas uniquement qu’un souvenir figé, un morceau de temps. Ce serait trop pauvre, anecdotique, ennuyeux. C’est pourquoi il y aura toujours une femme aimée accoudée au parapet du pont Santa Trinita. Elle a le temps. Elle est le Temps…

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