Elle est accoudée au parapet du pont Santa Trinita. L'air est saturé de chaleur, on le sent vibrer. Elle regarde le Vieux Pont qui se reflète dans l'eau du fleuve. La lumière des lampadaires vient caresser son corps un peu déhanché et le temps se cristallise, l'instant d'une image. Tous les photographes le savent: la photographie est avant tout une question de temps... et de lumière; c’est en cela que c’est un art éminemment humain car nous sommes des animaux temporels. Une bonne image est de son temps mais elle se doit d'en sortir également ; elle n’est évidemment pas uniquement qu’un souvenir figé, un morceau de temps, une portion de catalogue. Ce serait trop pauvre, anecdotique, ennuyeux: une perte de temps. Alors, me direz-vous, à quoi bon une image ? Simplement parce que c'est un morceau de notre humanité.
C’est pourquoi il y aura toujours une femme aimée accoudée au parapet du pont Santa Trinita. Elle a le temps, elle est le Temps…